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Les mots et la folie : Asile

Asile : Etymologiquement vient du latin asylum et du grec asulon.
Pour Asulon : vient de l'adjectif asulos "qu'on ne peut saisir", de a = privatif et de sula "butin" qui lui même dérive du verbe sulan "s'emparer de".
Il signifie "Lieu sacré", "refuge sacré".

Asile serait un lieu où l'on peut se réfugier pour se mettre à l'abri d'un danger : Joan a trouvé asile chez ses amis.

C'est un refuge : Alain offre asile pour la nuit à Jacques. On trouve asile pour un instant dans un lieu qui protège

L'asile de nuit était un lieu d'accueil pour les personnes sans domicile fixe.

Le droit d'asile : c'était un droit d'inviolabilité qui était accordé à certains lieux soit parce qu'ils sont considérés comme étant "saint" ( sein ou sain ? that is the question ?), soit à cause des habitants.

Le droit d'asile est aussi compris comme étant le droit, pour une personne étrangère au pays où il se trouve, de pouvoir bénéficier d'un permis de séjour, lorsque cet individu fait l'objet de poursuites et de menaces de la part de son pays d'origine. Ce droit d'asile dépend de chaque legislation nationale et des convention internationnale.

"Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays. »
(Déclaration universelle des droits de l'homme, article 14)

L'asile était jusqu'en 1938, l'établissement qui recevait des aliénés. Il pouvait être alors courant d'entendre parler d'asile de fous. Un lieu de refuge pour la souffrance psychique.
Après cette date, il s'est appelé successivement hôpital psychiatrique, centre hospitalié spécialisé, centre hospitalier et parfois désormais établissement public de santé.

Lorsque l'on parle de lieux "asilaires", c'est en référence aux structures des anciens asiles d'aliénés qui reste le symbole de la psychiatrie d'enfermement.

Dommage qu'un mot si noble soit devenu synonyme d'enfermement, alors qu'il sous-entendait l'accueil de tous et de chacun et la protection des personnes en difficultés.

De plus, les conditions économiques aidant, les restrictions budgétaires comme on les appellent, font que "d'asile", il ne reste plus.

Accessoirement l'asile ou l'asilus : c'est aussi une mouche allongée, de grande taille et avec un corps poilu, mais là on s'éloigne vraiment trop...



@ML 2002


A lire :

ASILE (1)

La trame de ce livre est la description de l'existence à l'hôpital psychiatrique telle que la vivaient les malades dans les années 1960 : comment ils mangeaient, dormaient et aussi travaillaient mais aussi tout le mode de vie asilaire et totalitaire . Goffman, professeur de sociologie à l'université de Berkeley s'est plongé pendant trois ans dans l'univers psychiatrique. Un livre à lire absolument.

LES MURS DE L'ASILE

Parfois les murs sont dans la tête et pas au dehors
Un livre de Roger Gentis, Chez Maspero, Paris, 1970

JE TRAVAILLE A L'ASILE D'ALIENE (2)

1977, mes débuts en psychiatrie, et depuis quelques temps déjà, un livre écrit par un infirmier est sorti en librairie. Un livre prenant aux tripes, parlant avec des mots justes des conditions de vie des malades et des infirmiers, des avancées notables en matière "d'occupationnel" et des relations infirmiers-médecins... A lire et relire, et un homme charmant à rencontrer André Roumieux

A COMME ASILE De Fernand Deligny.

(1) Goffman (E.) Asiles, collection le sens commun, aux Editions de Minuit, 1979
(2) Roumieux (A), Je travaille à l'asile d'aliénés, Champ Libre, Paris, 1974.


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