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L'hôpital de jour

1 – Historique du Mouvement de Santé Mentale :

 

L’élaboration des principes de base de l’extra hospitalier

 

 

Le mouvement de santé mentale remonte à la création en 1908, par un ancien malade guéri, Clifford Beers, de la première Société d’Hygiène Mentale dans l’Etat du Connecticut aux Etats-Unis. Cette société va donner naissance à l’Association Nationale pour la Santé Mentale.

Vont suivre la Finlande en 1917, le Canada en 1918.

 

En 1920, en France, Edouard Toulouse va fonder la Ligue d’Hygiène et de Prophylaxie Mentale, créant à l’hôpital Sainte-Anne, à Paris, un service de consultations, de dépistage et d’hospitalisation libre non soumis à la Loi de 1838. L’hôpital psychiatrique devient alors un instrument de réadaptation sociale et le psychiatre refuse de limiter son action à une intervention qui débuterait uniquement au moment où la société cesse de tolérer le malade.

 

Aux Etats-Unis, dès 1911, Dunton prône la thérapeutique par l’occupationnel, et en Allemagne Herman Simon en 1929 défend la thérapeutique active.

En 1930 se constitue la Ligue Internationale d’Hygiène Mentale, et, à Washington, une cinquantaine de pays participent au premier Congrès International d’Hygiène Mentale. Ce mouvement va prendre de l’ampleur et en 1937 se tient à Paris le deuxième Congrès International. Le troisième a lieu à Londres en 1948, donnant naissance à la Fédération Mondiale pour la Santé Mentale.

La Fédération Mondiale pour la Santé Mentale, joue sur le plan international, le rôle des sociétés nationales, vis-à-vis de leur gouvernement respectif. Elle est dotée d’un statut consultatif auprès de l’O.M.S., de l’U.N.E.S.C.O et de l’Organisation International du Travail.

 

En 1948, intervient l’adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme par l’assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies.

 

Sous l’influence de l’O.M.S. fut créée en 1949 une section d’hygiène mentale, devenue l’Unité de Santé Mentale, qui va susciter de nombreux travaux et rapports dont vont ressortir un ensemble de recommandations qui permettront aux différents gouvernements d’organiser leur assistance psychiatrique, de se diriger vers l’intégration des activités de santé mentale dans les services de santé publique et l’organisation communautaire, et impliquant, en général, une révision de la législation.

 

Toutes ces Ligues, Fédérations et Sociétés, représentent l’opinion publique et agissent à la manière de groupes de pression pour amener des changements dans l’organisation de l’assistance psychiatrique, aider les malades mentaux, et améliorer leurs conditions de vie. Elles oeuvrent en faveur de l’éducation sanitaire du grand public et aideront à la mise en place d’un certain nombre d’associations (par exemple, la Fédération Française des Croix-Marine fondée en 1947, l’Association « L’Elan Retrouvé » et le Comité National Français de Défense contre l’Alcoolisme).

 

Une grande partie des progrès récents sont imputables à ces associations et organisations non gouvernementales.

 

En 1945 et en 1947, en France, suite à la mort pendant l’occupation nazie  de 40 % des malades mentaux hospitalisés, se déroulent les premières journées psychiatriques nationales. DAUMEZON crée le groupe de Sèvres qui va travailler à une élaboration théorique au sujet des institutions et, en 1948, DAUMEZON et TOSQUELLES proposent la notion de psychothérapie institutionnelle visant à utiliser l’hôpital comme instrument de la guérison.

 

En 1948, SIVADON est nommé Secrétaire Général de la Ligue d’Hygiène Mentale. Pour obtenir l’accord de l’administration afin d’ouvrir des structures sans lits, à l’extérieur de l’hôpital, il n’hésite pas à ameuter la presse et s’adjoint le concours médiatique d’Hervé BAZIN, alors très connu pour son livre « La tête contre les murs ».

 

Les problèmes que posent le retour du patient à la vie « normale » sont posés, et la nécessité d’une assistance extra hospitalière se dessine.

 

En 1957 au Congrès de Tours, Henry DUCHENE présente un rapport justifiant la nécessité de la prise en charge de l’ensemble des besoins psychiatriques d’une population par une même équipe médico-sociale.

 

Philippe PAUMELLE, sous l’égide de l’Association de Santé Mentale et de lutte contre l’alcoolisme (référence qui permettrait de faire bénéficier la psychiatrie des mesures financières et législatives prises par le gouvernement de Mendès France), met en place dans le 13ème arrondissement de Paris une expérience qui se traduit d’abord par la création d’institutions « légères », hôpital de jour, hôpital de nuit, foyer de post-cure, club, soins à domicile. (Notons qu’il faudra attendre l’article 8 de la Loi n°85-772 du 25 juillet 1985 pour que soit clairement mis un terme à l’assimilation entre maladies mentales et alcoolisme).

Ces réalisations resteront isolées, l’idée de secteur ayant alors cessé de plaire aux pouvoirs publics.

 

La circulaire du 15 mars 1960 n’aura aucun effet pendant dix ans, les Directions Départementales de l’Action Sanitaire et Sociale n’ayant reçu ni instructions ni moyens financiers. La Commission des Maladies Mentales, section du Conseil Permanent d’Hygiène Sociale cessera même de fonctionner.

 

Quelques tentatives de créations d’institutions de séjour à temps partiel seront lancées, mais elles resteront marginales sauf dans le domaine de l’enfance, où cette formule trouvera plus d’écho. Les Internats Médico-Psychologiques sont peu à peu délaissés au profit de Centres Médico-Psycho-Pédagogiques assurant des prises en charge ambulatoires.

Ces créations sont le fait, non des pouvoirs publics, mais d’associations régies par la Loi de 1901.

 

Malgré l’article 25 de la Loi des finances du 31 juillet 1968 qui confère aux psychiatres du service public le statut de médecin hospitalier chargé à plein temps de la prévention et de la post-cure, il faudra attendre la manifestation des psychiatres des hôpitaux devant le Ministère de la Santé Publique le 29 octobre 1969, pour que le Ministre Robert BOULIN ressuscite la Commission des Maladies Mentales et relance le mouvement par les circulaires du 14 et 16 mars 1972   [1]

 

2 – Les premiers hôpitaux de jour :

 

2.1 – L’expérience soviétique :

 

 

Le premier hôpital de jour a été fondé en 1933 à Moscou par DZHAGAROV, dans un contexte économico-politique d’industrialisation intensive, considéré comme l’instrument privilégié de l’édification du socialisme. Cette politique a entraîné un accroissement massif de la population urbaine.

Face au surpeuplement des hôpitaux psychiatriques  [2], le nombre de lits d’hospitalisation s’est rapidement révélé très insuffisant, impliquant la recherche de formes thérapeutiques nouvelles dont « l’hospitalisation semi permanente ». Il fallait par ailleurs pallier à une sévère pénurie de personnel, puisqu’il y avait déjà à cette époque de très grandes difficultés dans le recrutement des infirmières.

 

Pour que la société socialiste réalise se objectifs économiques, il fallait également réintégrer le plus rapidement possible les malades dans la vie quotidienne, et surtout, en faire rapidement des travailleurs actifs.

 

Le personnel médical de cet hôpital de jour était donc très réduit : pour les 80 patients des deux sexes accueillis en 1937, l’équipe se composait, d’un directeur, d’un médecin, d’une infirmière chef, d’une infirmière de trois femmes de salle et surtout de onze éducateurs dirigeant 5 ateliers d’activités « réadaptatives » (fabrication de chaussons, reliure, couture, estampage et cartonnage, jardinage en serre).

 

DZHAGAROV souligne que, tout en ayant un fonctionnement particulièrement rentable, cet hôpital de jour « ranimait le contact social », proposait des rencontres régulières entre les familles et l’équipe soignante, les mettaient en contact avec des assistantes sociales. Cet établissement pouvait, disait-il, être installé à peu de frais dans un local même extérieur à l’hôpital, et représentait « un maillon supplémentaire complétant la chaîne entre le dispensaire et l’hôpital ».

 

Les patients qui y étaient admis,  étaient souvent, soit des patients qui refusaient les contraintes rigides de l’hôpital psychiatrique mais acceptaient d’être traités dans des conditions plus souples, soit des malades chroniques calmes, bien tolérés par leur milieu familial. DZHAGAROV, dans ses écrits, fait souvent référence à l’absence de contraintes à l’hôpital de jour en opposition avec l’aspect carcéral de l’hôpital psychiatrique, qui expliquerait selon lui la coopération évidente des patients redoutant le transfert dans les murs de l’hôpital psychiatrique.

 

2.1 – L’expérience canadienne :

 

En 1946, le professeur CAMERON met en place un hôpital de jour dans le cadre du service de psychiatrie de l’hôpital général de Montréal, le Royal Victoria Hospital. Il y prend en charge 40 patients, le service d’hospitalisation en psychiatrie temps plein comportant alors 89 lits. (Notons que la plupart des assurance ne prenaient pas en régulièrement en charge le séjour en hôpital de jour, bien que le prix de journée y était deux fois plus réduit : 2.16 $ au lieu de 5 $).

 

L’hôpital de jour, emploie 4 médecins à temps partiel (secondés par des confrères du service temps plein), 1 surveillante et 7 infirmières diplômées, 8 aides-soignantes, des élèves en stage, 2 thérapeutes occupationnels et 1 secrétaire médicale.

 

Une fois par semaine, une assistante sociale reçoit les familles, et un conseiller appartenant au Service National pour la main d’œuvre vient aider les patients à trouver un emploi.

 

L’hôpital de jour accueille des patients « ayant la capacité de voyager et la possibilité de continuer à vivre chez eux », et n’ayant pas un comportement perturbateur. Ils viennent, soit pour toute la journée, soit pour un traitement particulier :

Sont utilisés, la quasi-totalité des moyens thérapeutiques :

-                     dans une aile, les traitements psychiatriques, sismothérapie, insulinothérapie, chocs humides, et début de chimiothérapie,

-                     dans l’autre, les techniques groupales, et l’aspect relationnel et psychothérapique.

 

Les activités occupationnelles ne seront introduites qu’en 1958, et l’équipe sera alors élargie et fera appel à des intervenants extérieurs, personnalités connues, qui viendront parler de sujets variés les concernant : organisation du budget, peinture, cinéma…

 

L’hôpital ouvert doit, pour CAMERON, permettre au patient de prendre ses responsabilités, d’intervenir dans la dynamique de soin et de collaborer activement avec le personnel.

 

 

2.1 – L’expérience anglaise :

 

Dès 1941, BIERER ouvre un club social autogéré par les malades dans « l’intention de changer le climat de l’hôpital psychiatrique », de modifier le statut du malade, qui passe de « récepteur des effort du personnel à celui de partenaire et de collaborateur » faisant surgir la notion de Communauté thérapeutique.

Rapidement, il crée un club social à l’extérieur de l’hôpital, et en 1945, il fait acheter et réparer deux maisons d’Hampstead endommagées par la guerre, pour y ouvrir, en 1948, le premier hôpital de jour européen : le Centre de Psychothérapie Sociale, intégré dans le Service National de la Santé.

 

En 1954, il inaugure un deuxième hôpital de jour situé Malborough Place 0 lONDRES ; En 1958, y sont traités chaque jour une cinquantaine de malades des deux sexes, et en 1963, la population quotidienne s’élève à 80 patients qui viennent, soit tous les jours et toute la journée, soit quelques heures par semaines.

 

Ils viennent de toute la région Londonienne et sont adressés principalement par les médecins généralistes (pour 56 %), par des hôpitaux (36 %), et par des organismes sociaux (pour 8 %).

BIERER prétend aborder tous les genres de malades et n’en refuser aucun. En 1964, il exclue cependant «  les malades très séniles ou très violents ». notons que la liste d’attente est toujours bien remplie, et que cela permet vraisemblablement de pratiquer une sélection.

 

Y travaillent un médecin directeur, plusieurs médecins à temps partiel, des consultants, deux assistantes sociales, deux psychologues, cinq infirmières et quatre thérapeutes occupationnelles, des « moniteurs » d’expression artistique, de sociothérapie, des psychothérapeutes, un administrateur, quatre secrétaires, une standardiste réceptionniste et du personnel de service.

 

L’idée directrice est « de rendre accessible autant que possible tous les genres de traitements fournis par un service moderne intra-muros, de même que les avantages et les privilèges dont jouissent les malades dans un service extrahospitalier ». Toutes les techniques de soins sont donc utilisées, dans des perspectives aussi bien biologiques, psychologiques que sociales.

 

Cette structure accueille également des enfants, et, vers 1958, a ouvert une école de jour, qui permettrait d’allier l’éducatif aux soins.

 

L’hôpital fonctionne selon les principes de la « communauté thérapeutique » mettant l’accent sur la coopération et le travail d’équipes entre malades et personnel sous forme de « démocratie guidée ». Les familles sont évidemment reçues et soutenues.

 

 

 

2.4 – L’expérience française :

 

Dès 1945, SIVADON avait créé dans son service, à Ville Evrard,  un premier  club[3], puis en 1947, il fonde le Centre de Traitement et de Réadaptation. [4]

La prolifération et al diversification des activités du club avait entraîné en 1948, la fondation de l’Association « L’Elan Retrouvé » dont le but était « la réadaptation sociale et professionnelle des malades et des handicapés mentaux ».

Cette même année, au mois de juillet, SIVADON rencontre BIERER.

 

L’un des premiers hôpitaux de jour mis en place en France, fut celui qu’ouvrit en 1962 à Paris cette association, à l’instigation du Professeur SIVADON, suite à l’étude des expériences mises en place par DZHAGAROV à Moscou, CAMERON au Canada et BIERER en Angleterre.

Notons que cet hôpital de jour, non sectorisé, fut conçu, paradoxalement, à une époque où la sectorisation était à l’ordre du jour, et où SIVADON, intéressé par la psychiatrie dans la communauté, remplissait la fonction d’expert à l’O.M.S. Cette création obtint le concours financier du Ministère de la Santé Publique et de la Sécurité Sociale.

 

Etablissement pilote, expérimental, d’une grande capacité, il est installé dans l’Institut de Psychiatrie La Rochefoucauld, véritable centre polyvalent de diagnostic et de traitement, situé au cœur même de Paris, près de la gare Saint-Lazare. Très largement desservi par les transports en commun, il est donc d’un accès extrêmement pratique.

 

Il peut recevoir chaque jour 120 malades de deux sexes, adressés par les hôpitaux, les centres de médecine préventive, ou venant directement à leur initiative ou à celle de leur famille.

 

La demande la plus fréquemment exprimée est celle d’une réinsertion dans la société et dans le monde du travail, pour seulement 15 % des patients est mentionné le besoin des consultants sont des malades dont les troubles ont été dépistés par les Services médicaux et sociaux du travail.

 

La moitié des patients viennent tous les jours, les autres ne viennent que deux ou trois fois par semaine. Les frais de séjour sont pris en charge sur la base d’un forfait journalier analogue à celui du prix de journée des hôpitaux classiques, et la quasi-totalité des patients bénéficiaient de la Sécurité Sociale qui reconnaissait donc cette modalité de prise en charge.

L’entrée est décidée par un comité d’admission, au cours duquel sont pris en compte, la motivation du patient, et la motivation de l’équipe. Les indications thérapeutiques sont très larges.

 

L’effectif se composait en 1971, (y compris pour le service de consultation), de 58 personnes à plein temps, et 57 à temps partiel. Chaque professionnel qualifié travaille dans son registre spécifique, les rôles sont clairement définis.

 

La fourniture des repas, la blanchisserie, l’entretien, les transports étaient assurés par des entreprises externes sous contrat.

Intervenaient à temps plein, un médecin directeur, un médecin directeur adjoint, un médecin et 2 internes, 2 psychologues, une équipe de 9 infirmiers, 1 aide-soignante, 6 ergothérapeutes, 4 assistantes sociales, 1 conseillère du travail, 1 moniteur d’éducation physique, 10 secrétaires médicales et 5 femmes de service.

Intervenaient à temps partiel plusieurs médecins, kinésithérapeutes, rééducateurs, psychologues, 1 conseillère d’orientation professionnelle, 1 technicienne d’EEG, et 1 pharmacien.

 

Cet établissement vaste et complexe, offre dans un milieu non oppressif, confortable et relativement protégé, la possibilité de rencontrer, plus ou moins « à la carte », des professionnels proposant des prises en charge diversifiées, tant individuelles que collectives, et toute la panoplie de la psychiatrie moderne.

 

3 – La situation juridique des hôpitaux de jour :

 

 

Le dispensaire d’hygiène mentale qui apparaît dans la circulaire du 13 octobre 1937, sera longtemps la seule structure extra-hospitalière ayant une existence officiellement reconnue par le décret promulgué le 20 mai 1955.

 

En effet, jusqu’à la parution du décret N°86-602 le 14 mars 1986, toutes les autres structures extra-hospitalières fonctionnent dans un vide juridique total et sans cadre légal et réglementaire. Leur organisation est laissé à des initiatives personnelles, puisque n’apparaissent que sous forme de recommandations dans les circulaires de 1960 et 1974.

 

En ce qui concerne les hôpitaux de jours, Patrick MORDELET souligne bien l’ambiguïté persistante, de leur situation juridique [5] : « la circulaire n°2780 du 17 décembre 1972 relative à l’application du décret N)72-293 du 28 septembre 1972 concernant les autorisations d’ouverture prévues par l’article 31 de la Loi N°700-1318 du 31 décembre 1970 portant Réforme hospitalière, dispose en effet que les établissements de soins privés dont l’activité se caractérise par l’admission de malades pour des périodes moyennes de soins de moins de vingt-quatre heures doivent être soumis à cette procédure légale d’autorisation d’ouverture. Cette circulaire précise que cet assujettissement a été retenu par qu’aucun texte réglementaire n’a établi de distinction fondamentale avec les autres hôpitaux », et l’inspection générale des affaires sociales en conclue que cette Loi est applicable dans le secteur public, et que les hôpitaux de jours doivent donc obligatoirement être érigés en établissements publics ou tout au moins rattachés à de tels établissements[6]. Cela impliquait que le fonctionnement financier de ces établissements était à prévoir sur un prix de journée, comme dans un établissement d’hospitalisation.

 

Il faudra attendre les Lois du 25 juillet et du 31 décembre 1985, pour qu’intervienne la consécration législative de la politique de sectorisation psychiatrique, mais sans en fixer encore les formes précises.

La Loi du 25 juillet 1985, s’intéressera « accessoirement » à la psychiatrie, au milieu d’un certain nombre de dispositions d’ordre social, et ses conditions d’application seront fixées par le décret du 14 mars 196. Elle donne cependant une base légale au fonctionnement du Conseil départemental de santé mentale.

 

La loi du 31 décembre 1985, va intégrer la psychiatrie dans la carte sanitaire générale, le Conseil départemental de santé mentale se réservant le droit d’émettre un avis préalable à la détermination de l’implantation et de l’équipement des secteurs psychiatriques. La carte sanitaire est révisable à tout moment, arrêtée par le ministre de la santé, qui peut pour certaines activités, donner délégation au préfet de région.

 

Cette loi va retenir la nécessité de développer des solutions alternatives à l’hospitalisation. Elle va enfin réunifier les moyens intra et extra hospitalier dans un même système de financement, pris en charge par l’assurance maladie.

 

Si l’affirmation de tenter de mettre fin à l’hospitalo-centrisme est souvent exprimée à cette époque, l’infrastructure du secteur reste l’hôpital, puisque c’est à lui que revient la gestion du budget, maintenant global, couvrant l’intra et l’extra hospitalier.

 

Concernant les hôpitaux de jour, cela n’a pas changé grand-chose, puisque l’on continue de fonctionner, avec, non plus un prix de journée, mais un « tarif de prestations » Sécurité Sociale, calculé en fonction du nombre de journées d’hospitalisation comptabilisées. Cependant les doubles prises en charge, cumulant hôpital de jour et hôpital de nuit ou foyer de post cure par exemple, restent exclues.

 

C’est l’arrêté du 14 mars 1986, définissant une « gamme de possibilités » pour l’équipement des secteurs de psychiatrie, qui va permettre aux directeurs d’hôpitaux d’affirmer l’identité et la nécessité des structures de soins diversifiés jusque là principalement réalisées sous couvert d’associations diverses. Le fonctionnement de ces structures reste assujetti à un règlement encore très mal défini.

 

La circulaire du 14 mars 1990 relative aux orientations de la politique de santé mentale précise « chaque secteur doit organiser un système modulé de prestations de soins ambulatoires à temps partiel, comportant des formules variées », qui peuvent être mises en œuvre au Centre Médico Psychologique ou dans des structures différenciées type hôpital de jour ou CATTP.

 

Le décret n°92-1101 du 2 octobre 1992, relatif aux structures de soins alternatives à l’hospitalisation mentionnées à l’article L. 712-2 du Code de la Santé Publique, paru au Journal Officiel le 8 octobre 1992, co-signé par le premier ministre, Pierre BEREGOVOY.

Le ministre de la santé et de l’action humanitaire, Bernard KOUCHNER,

Le ministre de l’agriculture et de la forêt, Louis MERMAZ,

Le ministre des affaires sociales et de l’intégration, René TEULADE.

Vient enfin définir et préciser le fonctionnement des structures alternatives à l’hospitalisation.

 

L’article R. 712-2-1 stipule : « les structures de soins alternatives à l’hospitalisation ont pour objet d’éviter une hospitalisation à temps complet ou d’en diminuer la durée » «  elles comprennent les structures d’hospitalisation à temps partiel de jour ou de nuit ».

« les structures d’hospitalisation à temps partiel, de jour ou de nuit, permettent la mise en œuvre d’investigations à visée diagnostique, d’actes thérapeutiques, de traitements médicaux séquentiels, de traitements de réadaptation fonctionnelle ou d’une surveillance médicale ».

 

L’article R.712-2-4 confirme que ces structures sont prises en compte par la carte sanitaire et que les établissements de santé publics ou privés qui comportaient ce type de structure à la date de la publication de la Loi du 31 juillet 1991, disposent d’un délai de quatre mois pour déposer auprès du préfet de région une déclaration permettant d’apprécier « la consistance et l’activité de la structure de soins ».

Le préfet délivre alors un récépissé qui vaut autorisation de poursuite d’activité et qui en précise la capacité retenue, exprimée en nombre de places.

 

Le décret n°92-1102 du 2 octobre 1992, relatif aux conditions techniques de fonctionnement auxquelles doivent satisfaire les structures de soins alternatives à l’hospitalisation, apporte un certain nombre de précisions.

 

L’article D.712-3-7 spécifie que « les prestations délivrées équivalent par leur nature, leur complexité et la surveillance médicale qu’elles requièrent à des prestations habituellement effectuées dans le cadre d’une hospitalisation à temps complet ».

 

L’article D. 712-31 notifie que ces structures sont agencées et équipées de manière à assurer dans des espaces spécifiques et adaptés, ne pouvant être utilisés pour aucune autre activité, l’accueil, le séjour, les soins, la surveillance, le repos, le stockage et l’entretien du matériel…

Et qu’elles possèdent « les moyens nécessaires à la prise en charge immédiate d’une complication médicale éventuelle, et notamment les locaux, le matériel et les médicaments propres à y répondre, sont disponibles et utilisables sans délai ».

 

L’article D.712-3-32 implique, pendant les heures d’ouverture, « la présence minimale permanente :

1.     d’un médecin qualifié

2.     d’un infirmier (…)

Le nombre et la qualification du personnel… sont appréciés par le préfet de région, au vu du dossier (…) en fonction de la nature, du volume d’activités effectuées, de la fréquence des prestations délivrées, de leurs caractéristiques techniques et de l’importance des risques encourus par les patients.

 

L’article D. 712-33 indique que ces structures « sont tenues d’organiser la permanence et la continuité des soins en dehors de leurs heures d’ouverture, y compris les dimanches et jours fériés », soit en se dotant d’un dispositif médicalisé d’orientation immédiate des patients, soit en passant une convention avec un autre établissement public ou privé.

 

Ces dispositions sont tout à fait intéressantes, mais me laissent extrêmement perplexe : je ne connais pas actuellement un seul hôpital de jour pouvant répondre à ces exigences, et dans le contexte de rigueur économique, j’imagine très mal les hôpitaux débloquer la budgétisation nécessaire à leur mise en place.

Alors, sur quoi cela pourra-t-il déboucher, si ce n’est à la fermeture d’au moins un sur deux de ces établissements, et au redéploiement du personnel et du budget ?

4 – Les disparités de fonctionnement :

 

 

4.1 – Les disparités régionales :

 

Certaines régions choisissent de privilégier nettement l’hospitalisation à temps partiel, alors que d’autres n’y ont pratiquement pas recours.

 

Ainsi, un bilan établi le 15 janvier 1988[7], montre qu’en Franche-Comté, seulement 3,8 % des patients étaient hospitalisés à temps partiel, contre 37,2 % en Haute-Normandie.

En pédopsychiatrie, si l’écart est moindre, il existe toujours nettement : en Alsace 88 % des moins de 20 ans étaient hospitalisés à temps partiel, contre 40,8 % en Franche-Comté !

 

L’hospitalisation de jour en psychiatrie se développe très régulièrement passant de 4.388 places en 1980, à 12.274 en 1986 et à 19.334 en 1988.

 

En 1987, la diminution des lits de temps plein a été de 40 % en pédopsychiatrie, et de 20 % en psychiatrie adulte.

Le nombre des patients suivis en hôpital de jour est alors de 27.248, soit moins de 4 % de la file active, ce qui représente une moyenne de 34 patients par secteurs pour une durée moyenne de 70 jours[8].

C’est en pédopsychiatrie que ce type de structure est le plus utilisé : 54 % des jeunes sont pris en charge à temps partiel[9].

 

Si tous les secteurs possèdent un CMP, 76 % seulement ont un hôpital de jour, 32 % un CATTP, et 5 % un centre de crise[10].

Il est à noter que, si 76 % des secteurs utilisent l’hôpital de jour, 27 % des hospitalisations de jour se pratiquent dans les mêmes lieux que le temps plein, et seulement 54 % des secteurs disposent d’hôpitaux de jour individualisés.

 

Actuellement les trois quarts des enfants de moins de 15 ans sont pris en charge en hospitalisation à temps partielle, alors que le temps plein reste largement dominant dans le secteur adulte.

 

Bien que l’on puisse maintenant apprécier l’efficacité de la psychiatrie de secteur, qu’elle soit enfin reconnue par une réglementation, on ne peut que constater les difficultés rencontrées quant à son implantation et les grandes disparités régionales qui persistent. Les raisons en sont multiples et complexes.

 

Je me référerai à la tentative d’explication qu’en donne Edouard ZARIFIAN [11]. Il lie les résistances du corps médical à la politique de secteur, au danger d’une perte de pouvoir avec l’éclatement des structures, que l’on ne peut plus superviser « d’un seul coup d’œil ».

Il souligne que la politique de fermeture de lits dérange aussi, puisque le médecin chef mesurait son importance personnelle au nombre de lits de son service… les valeurs changent, les mentalités ont du mal à suivre…

 

La notion d’équipe soignante remet en cause la hiérarchie, force principale du monde médical universitaire et implique une redistribution des responsabilités, pas toujours facile à vivre.

La politique de secteur implique par ailleurs une modification des rapports entre soignants et soignés, et également, de supprimer le pouvoir de l’hôpital psychiatrique sur les usagers.

 

Enfin, les généralistes, mal préparés, sont inquiets de nous voir débarquer dans leur champ d’action habituel et pratiquer une concurrence déloyale, or, comme le souligne Edouard ZARIFIAN, beaucoup de médecins généralistes sont par ailleurs des élus locaux et prennent part aux décisions administratives d’application de la sectorisation.

Il estime que si la sectorisation se met en place, ce sera plus lié à des impératifs économiques impliquant des suppressions de lits, qu’à une idéologie humanitaire… triste constat, que je partage.

 

 

4.2 – Les disparités dans une même région :

 

Une enquête sur les hôpitaux de jour, réalisée, en Ile-de-France [12], pour répondre à la circulaire ministérielle N°57800 du 21 décembre 1987, invitant la DDASS et la DRASS a établir un bilan des structures existant en vue de l’établissement des schémas départementaux d’organisation, a révélé des résultats très significatifs.

 

Sur 97 hôpitaux de jour recensés, 77 ont répondu à l’enquête, dont 54 hôpitaux de jours publics sectorisés, et 23 privés.

Sur ces 77 hôpitaux de jour, 20 sont encore intra-muros, 9 fonctionnent avec dans des locaux vétustes et sur une superficie inférieure à 100 m2, alors que le plus grand nombre dispose de 1280 m2.

 

Tous les départements recensés présentaient un nombre de places en fonction supérieur au nombre de place autorisé, allant jusqu’à un dépassement de 50 en Seine Saint-Denis ;

L’enquête a établi que « la détermination du nombre de places n’obéissait à aucun critère de besoin et ne faisait l’objet d’aucune vérification de son bien-fondé à postérieuri ». Les éventuels dysfonctionnements constatés lors des visites de conformité n’aboutissent qu’à des « remarques » de la part de « la commission de l’article 35 », et semblent ne pas avoir d’impact réel.

 

Dans 56 hôpitaux de jour, on note une fréquentation quotidienne par les patients et dans 12 hôpitaux de jour, on note une fréquentation bi ou tri-hebdomadaire.

 

35 hôpitaux de jour, encouragent les patients à multiplier les prises en charge concomitantes, surtout en CMP, mais aussi parfois en psychiatrie libérale ou en atelier thérapeutique. Près de 40 % des hôpitaux de jour ne prévoient aucune distribution de chimiothérapie et la distribution des traitements et les injections, sont tout à fait secondaires dans la prise en charge pratiquée.

13 hôpitaux de jour entreprennent des psychothérapies individuelles, 31 vérifient qu’une prise en charge psychothérapique est assurée à l’intérieur ou à l’extérieur de la structure, 27 n’effectuent aucune psychothérapie, et un certain nombre d’hôpitaux de jour ont éludé la question.

Psychodrames et psychothérapies de groupe sont exceptionnelles.

 

Il semblerait que l’essentiel des activités est en général consacré aux relations humaines et constitué par des activités de groupes animées par des infirmiers, et mettant en application les principes de la thérapie institutionnelle.

Chaque structure assure par ailleurs des activités internes et/ou externes extrêmement variables, fonction « de la rotation des soignants et du degré de motivation des patients ».

 

La densité et le degré de multidisciplinarité du personnel (infirmiers, psychologue, ergothérapeute, enseignants, assistante sociale, secrétaire…) varie d’un hôpital de jour à un autre. Il n’existe pas de critère permettant de déterminer le besoin.

On compte, en général, un infirmier pour 4 à 8 « places », et comme il peut y avoir deux fois plus de patients présents que de places… (Aux Etats-Unis, le taux appliqué est d’un infirmier pour deux places).

 

Les paramètres tels que les taux d’occupation, les files actives, la DMS (durée moyenne de séjour) sont peu fiables, puisqu’ils sont très largement influencés par la tentation de recevoir un nombre de prestation de journée maximum, principalement dans le privé.

 

Les critères d’admission, dans le public, dépendent directement de la conception que se fait le médecin chef de l’hôpital de jour, et sont donc essentiellement variables.

Le nombre de malade sortants comptabilisés, et l’évolution constatée de leur état, sont tout à fait inexploitables, puisque non établis par des critères définis.

 

Un des résultats les plus surprenants a été de montrer combien était grande la variabilité des « prix de journée » (de 303 francs à 1639 francs). Les prix de journée des établissements privés sont apparus moindres.

Il n’existe, de plus, aucune corrélation entre le tarif de prestations, sa croissance dans le temps, la quantité du personnel employé et le coût réel du fonctionnement de l’institution.

Les chiffres fournis par les structures politiques apparaissent, en quelque sorte, du fait de la dotation globale, fictifs.

 

 

4.3 – Les disparités dans un même hôpital de rattachement :[13]

 

L’hôpital où je travaille, réunit cinq secteurs. Il existe donc 5 hôpitaux de jour, tous extra hospitaliers. Certains secteurs, accueillent cependant aussi des patients dans la journée en intra hospitalier.

 

Le tarif de prestation a été fixé à 1031 francs par jour pour chacune de ces structures, pourtant, les prestations qu’elles offrent sont extrêmement différentes. Une étude des coûts réel de fonctionnement, effectuée il y a quelques années, avait mis en évidence des variations extrêmes.

 

Les orientations thérapeutiques sont également très variées en fonction de l’orientation du médecin chef, impliquant, l’emploi de catégorie de personnels divers.

Certains secteurs favorisant la sphère « intellectuelle » font appel à des enseignants, d’autres privilégiant le corps ont recours à des kinésithérapeutes. Le nombre d’infirmiers, d’ergothérapeutes, de psychologues, de secrétaires etc. varie considérablement d’une structure à l’autre.

La population et les types de pathologies rencontrées dans ces 5 structures connaissent également des variations, puisque les objectifs de soin, les modalités d’entrée, de sortie diffèrent.

 

Alors… soyons clairs.

 

5 – Quand on parle d’hôpital de jour, de quoi parle-t-on ?  :

 

 

5.1 – Une définition est-elle aujourd’hui possible ?  :

 

L’inspection générale des affaires sociales distingue cinq catégories d’hôpitaux de jours pour malades mentaux :

1.     l’hôpital de jour autonome, service hospitalier ordinaire, non sectorisé et fermé la nuit,

2.     l’hôpital de jour à prédominance sociale,

3.     l’hôpital de jour de post-cure,

4.     l’hôpital de jour constitué dans une section de dispensaire d’hygiène mentale,

5.     l’hôpital de jour résultant de la sectorisation psychiatrique.

 

J’établirais également une distinction concernant les hôpitaux de jour spécialisés, pour enfants et adolescents, pour personnes âgées, pour épileptiques, pour alcooliques et toxicomanes.

Actuellement, environ 30 % des hôpitaux de jours relèvent d’un statut de droit privé, les autres étant gérés par les hôpitaux publics.

 

La définition de l’hôpital de jour pose problème, puisque c’est déjà, malgré sa dénomination d’hôpital, une forme d’alternative à l’hospitalisation complète. Bien que participant d’une stratégie hospitalo-centrisme, il fonctionne souvent une unité indépendante de l’hôpital, à l’extérieur de l’enceinte de celui-ci, et propose des activités différentes de celles qui se pratiquent dans le cadre hospitalier. Le mot hôpital ne désigne plus, bien souvent, que le lieu de rattachement financier et administratif. La dénomination « d’hôpital de jour » a été décidée en 1954, par le ministère pour des raisons purement administratives, correspondant à l’option de financement établie selon un prix de journée.

 

Une première distinction possible consisterait à réserver l’appellation « hôpital de jour » à des structures offrant dans la journée, les mêmes formes de traitement qu’un hôpital psychiatrique et à nommer « centres de jour » les lieux privilégiant la réinsertion à travers diverses activités, pour des patients stabilisés, l’intervention médicale étant plus réduite[14].

 

En effet, sous un même vocable « d’hôpital de jour », fonctionnent des structures correspondant à une gamme extrêmement différente de fonctionnement et d’idéologie.

 

Si certaines reproduisent exactement le fonctionnement des services classiques d’intra hospitalier à la seule différence des jours et heures d’ouverture, d’autres par contre, se différencient très peu des Centres d’Accueil Thérapeutiques à Temps Partiel. Entre ces deux extrêmes cohabitent toutes sortes de variantes.

 

Par conséquent, certains considèrent que l’hôpital de jour fait partie du dispositif intra hospitalier, alors que d’autres le considèrent comme résolument extra hospitalier puisque les deux cas de figure se rencontrent sous le même vocable. Leurs objectifs et leur fonctionnement en font pourtant des structures radicalement différentes.

 

Personnellement, je pense que l’hôpital de jour ne remplit pleinement sa fonction que s’il s’inscrit dans une dynamique de soin entre l’hôpital traditionnel et les différentes structures du secteur extra hospitalier et de la municipalité dans laquelle il est implanté puisque son rôle devrait être à mon sens prioritairement :

-                         de maintenir l’insertion sociale et d’éviter une hospitalisation et une psychiatrisation dans tous les cas où cela s’avère possible et souhaitable,

-                         d’assurer, lorsque cela s’avère nécessaire, une période intermédiaire, entre une hospitalisation temps plein qui n’a pas pu être évitée, et le retour à l’autonomie totale,

-                         d’aider à la réinsertion des patients longtemps dépendants d’une institution psychiatrique, leur ouvrir de nouveau la ville.

-                         enfin permettre, dans certains cas, à des patients psychotiques stabilisés, de se maintenir, avec le soutien massif d’un cadre soignant, hors de l’hôpital psychiatrique, et le plus intégré possible dans la communauté sociale.

 

Pour remplir efficacement ces fonctions, il est impératif à mon sens, que l’hôpital de jour soit situé au cœur même du lieu de vie des patients, là où ils ont leurs repères, leur famille, leurs relations, et en se donnant réellement les moyens de ne pas leur faire revivre l’exclusion dans un autre lieu que l’hôpital psychiatrique.

Une réinsertion ratée, des « externements abusifs » (L. BONNAFE), peuvent avoir des conséquences aggravantes pour certains patients.

 

L’hôpital de jour intra-muros en psychiatrie est un non sens et n’a absolument rien à voir avec la philosophie de la politique de secteur ! Si l’on se réfère à la circulaire du 14 mars 1990, les objectifs et orientations sont clairement indiqués, les pratiques asilaires sont dépassées et il faut développer l’extra hospitalier, favoriser la réadaptation et la réinsertion de façon prioritaire, alors comment peut-on accepter des contradictions flagrantes comme la mise en place de nouvelles structures de ce type dans l’enceinte même de l’hôpital ? [15]

 

 

5.2 – Deux exemples de fonctionnement fort différents  :

 

5.2-1 Le premier, présentera un hôpital de jour [16], intégré en intra hospitalier dans un Centre Hospitalier Régional Universitaire, ayant une capacité d’accueil de seize places et recevant les patients de 8 heures à 17 heures les jours de semaine, sauf les jours fériés et pendant le mois d’août.

 

Situé au rez-de-chaussée d’un bâtiment occupé par quatre unités d’hospitalisation temps plein de psychiatrie adulte, il reçoit aussi certains patients de ces unités, avant leur sortie.

L’orientation particulière de cette structure, comportant huit chambres, et donc une disposition assez classique, proche d’un service plein temps, est principalement basée sur la chimiothérapie.

L’équipe spécifiquement hôpital de jour se compose de 2 médecins vacataires, 2 infirmières temps plein et 1 mi-temps (assurant également des VAD) et de 3 aies soignantes.

Les autres intervenants (surveillante, ergothérapeute et psychologue) sont communs à l’ensemble du service intra hospitalier.

 

Ce service hyper médicalisé fonctionne, semble –t-il, sur le même modèle que le service temps plein, ne présentant aucune particularité, si ce n’est le moyen de faire quelques économies sur les prix de journée…

 

A la fin de l’article, les auteurs font un bilan et expriment le « risque d’une marginalisation du soin au psychotique face à une pathologie de crise plus attrayante » et soulignent la nécessité de structures adaptées aux diverses pathologies, et la nécessité de la présence de personnel compétent (le leur ne l’est donc pas), dans la prise en charge des psychotiques, proposant la mise en commun de structures intersectorielles avec le CHS voisin.

Ils constatent que dans leur structure,  sur  70 % de  psychotiques  traités, « 35 % bien qu’améliorés, sont toujours présents, alors qu’un taux équivalent toujours présents n’est pas amélioré », ce qui pour un service de psychiatrie de secteur intégré dans un hôpital général (ce qui sera bientôt le cas partout), gêne le fonctionnement « d’une psychiatrie de crise de plus en plus exigeante » et nécessitant une rotation rapide des malades.

La psychiatrie à l’hôpital général d’accord, mais pas pour les psychotiques ! Le message est clair.

 

 

5.2-2 A l’extrême opposée, je donnerai maintenant l’exempls de l’hôpital de jour où je travaille.

 

Il est situé à Saint Maur, dans le Val de Marne, à une distance relativement importante de l’hôpital des Murets, à la Queue-en-Brie, dont nous dépendons.

Cette structure, d’une capacité de 24 places, est installée au sein même du secteur, dans un petit pavillon de deux étages que nous partageons avec le dispensaire d’hygiène mentale.

 

Elle se répartie sur trois niveaux :

1.      Au rez-de-chaussée, une partie « pré professionnelle », abritant un atelier d’encadrement et un atelier de menuiserie, tous deux équipés d’un outillage relativement perfectionné. Y travaillent actuellement, deux ergothérapeutes, à l’ateliers d’encadrement, un infirmier et un « maître artisan », à la menuiserie. Un designer intervient quelques heures par mois, venant travailler à l’élaboration de projets qui pourront être réalisés à l’atelier bois. Une psychologue vient quelques heures par semaine.

2.     Au premier étage, cohabitant avec le dispensaire et l’assistante sociale de secteur, se trouvent le bureau médical et la partie « intellectuelle » avec trois salles de cours équipées de matériel vidéo et informatique. Y travaillent, le médecin de l’hôpital de jour présent à mi-temps, un professeur de français à temps plein et deux chargés d’enseignement en anglais / économie et mathématiques / informatique à temps partiel. Une demi-journée par semaine une infographiste vient animer un groupe « palette graphique ».

3.     Au deuxième et donc dernier étage, se trouve le lieu de la pathologie : deux ateliers d’ergothérapie, le bureau infirmier, une salle de soin minuscule. Y travaillent trois infirmières à temps partiel, et un ergothérapeute à mi-temps.

 

Le rez-de-chaussée n’existe sous cette forme que depuis une année. Il était auparavant occupé par un CAT indépendant de notre structure.

Le projet initial était d’en faire un « hôpital de jour 2 », tout à fiat distinct du premier, avec une équipe d’encadrement et une file active qui lui soit propre, l’objectif étant strictement orienté sur la réinsertion, et le médical restant tout à fait secondaire. Il n’était d’ailleurs pas prévu d’extension du temps médical, ni de création de poste infirmier, le rôle « soignant » de cette structure passant principalement par une confrontation avec la réalité du travail… La réalité nous imposa rapidement d’autres contraintes. En effet, dès que les patients allaient mal, ils montaient au deuxième étage, et il s’avéra en fait qu’à une ou deux exceptions près, tous les patients du rez-de-chaussée recherchaient une présence plus spécifiquement « soignante » et… lorsqu’ils n’en avaient plus besoin, ils quittaient l’hôpital de jour.

 

Les patients fréquentent l’hôpital de jour de manière totalement individualisée : ils peuvent, selon le projet établi, venir soit à un seul des ateliers, soit bénéficier de toutes les possibilités. Ainsi, certains ne viennent que quelques heures par semaine et ne rencontrent par exemple, que les enseignants, alors que d’autres viennent à temps plein, et passent d’un atelier à l’autre.

L’hôpital de jour draine une population du secteur, adressée par des médecins généralistes, des associations municipales, ou tout simplement par le « bouche à oreille ». Il reçoit un nombre relativement important de patients hors secteurs qui nous sont indiqués parce que leur « profil » (niveau d’étude élevé) correspond aux possibilités qu’offre la présence des enseignants. Ceux-ci restent médicalement suivis sur leur secteur.

 

Cet hôpital de jour offre donc des possibilités de fonctionnement très souples, et qui me semblent très proches de structures sectorielles diverses.

 

D’AILLEURS….

 

6 – Hôpital de jour, atelier thérapeutique et CATTP  :

 

 

La différence est-elle bien nette ?  :

 

« La vocation de l’hôpital de jour est d’assurer des soins polyvalents, individualisés et intensifs prodigués dans la journée et le cas échéant à temps partiel »

Alors que « les ateliers thérapeutiques visent au réentrainement à l’exercice d’une activité professionnelle ou sociale »

Et que « les Centres d’Accueil à Temps Partiel visent à maintenir ou favoriser une existence autonome par des actions de soutient et de thérapie de groupe »[17]

 

C’est surtout entre hôpital de jour et CATTP que règne la confusion.

Le CATTP n’apparaît pour la première fois dans un texte officiel en France, que dans le décret du 14 mars 1986, venant compléter les textes de 195 sur la sectorisation. Son fonctionnement est donc resté longtemps marginal et la plupart du temps, géré par des associations à la Loi 1901. Son objectif était de se démarquer de l’hôpital de jour et de la connotation négative de la psychiatrie.

Idéologiquement, le CATTP pour rester dans la visée d’une « désinstitutionnalisation », s’autonomise financièrement et administrativement par rapport à l’hôpital et se démarquerait par son inscription en réseau relation avec les associations et autres structures locales. De nombreux CATTP sont financés et gérés sur un mode associatif, recevant une dotation annuelle directe de la Sécurité Sociale, le personnel, quant à lui, étant détaché et salarié par l’hôpital.

 

A la différence de l’hôpital de jour qui est financé « à l’acte », et aurait en conséquence tendance à multiplier les prises en charge ou plus exactement les actes, le CATTP est libéré de cette contrainte et peut donc travailler différemment.

 

Le CATTP, s’il nécessite impérativement l’existence et la collaboration avec d’autres structures thérapeutiques, (puisque sa vocation n’est pas le soin individualisé), serait donc d’un fonctionnement « plus léger, moins onéreux et plus ouvert que l’hôpital de jour ». Les secteurs commencent donc à se doter de ce type de structures.

 

Le patient y gère de façon autonome, son implication dans le soin, et la durée de celui-ci. Patients et soignants sont contraints à prendre en compte de façon permanente « les capacités individuelles et la création continue d’un espace relationnel » [18]

 

Dans certains hôpitaux de jours, CATTP et ateliers thérapeutiques, le fonctionnement, par rapport à certains patients, n’est pas très dissemblable…

 

Un hôpital de jour voisin de celui de Saint Maur, et dont la pratique en est sensiblement identique, déclare d’ailleurs officiellement, recevoir dans le même lieu, certains patients en hôpital de jour, et d’autres en CATTP. Les répercutions étant tout à fait intéressantes sur un plan thérapeutique, puisque faisant émerger un questionnement ente patients et entre soignants, et tout à fait pénibles avec l’administration, qui rechigne à prendre en compte des prises en charge non comptabilisables en journées et qui ne se répercuteront donc pas sur l’enveloppe budgétaire redistribuée.

 

Le but de l’hôpital de jour n’étant par une reproduction sur la ville de la chronicité de l’intra, et ayant constaté que la présence quotidienne facilitait celle-ci, de nombreuses équipes préfèrent privilégier « des temps forts dans la semaine, et une prise en charge du malade par lui-même lors des temps libres, de plus en plus importants ». [19]

 

 

7 – Conclusion  :

 

Champ sanitaire, champ médico-social et champ social… Il me semble que l’on cultive à souhait une subtile confusion entre ces domaines.

 

Il est vrai comme je l’ai montré au début de ce travail, que la pression « sociale » est fondamentale dans la prise en charge des malades mentaux et dans l’élaboration des progrès de la sectorisation.

 

En pédopsychiatrie, l’articulation du soignant et du scolaire est prévue par des textes de Lois bien conçus, mais aucun des moyens nécessaires à leur application ne sont attribués. Il est grave de constater que le processus repose sur la dynamique et l’action des individus et ne procède pas d’une volonté politique. [20]

 

N’aurait-on pas ainsi trop tendance à se décharger de ses responsabilités ?

N’est-il pas grand temps d’engager un débat politique de fond ?

 

En cette période de profonde mutation de la politique en Santé Mentale, nous nous devons d’être, nous-mêmes, soignants, clairs avec ce type de réflexion. Lorsque l’on ferme des lits, que l’on accélère la mise en place d’alternatives à l’hospitalisation, il nous faudra évaluer avec plus de précision la nécessité pour chaque patient, d’être dirigé sur un lieu, offrant plus spécifiquement des prestations psychiatriques, ou sur un autre où la réinsertion serait prévalente. A travers nos hésitations, nous induisons forcément une errance chez la population que nous suivons…

 

Je pense avoir démontré clairement l’impérieuse nécessité de préciser une cohésion et une réglementation quand au fonctionnement des structures que nous utilisons.

Si la rigidité n’est pas une chose souhaitable, qu’elle freine la prise d’initiatives intéressantes et souvent riches, l’imbroglio dans lequel nous pataugeons actuellement permet toutes sortes d’aberrations et de fonctionnements néfastes, autant pour les patients, que pour les soignants. La question des limites est toujours délicate en psychiatrie…

 

Il nous faudrait, par ailleurs, pouvoir disposer d’une gamme de structures suffisantes et complémentaires, or, nous avons vu que nombre de secteurs n’en ont même pas une à leur actif !

Cela explique peut-être (même si cela ne le justifie pas), que nous fassions un amalgame confus entre des moyens, des objectifs qui devraient être distincts.

 

Pour une justification de gain économique à court terme, nous nous privons d’une possibilité de gain réel, cette fois-ci à plus long terme, et qui deviendrait possible avec un vrai travail de réinsertion, pour lequel on se donnerait aujourd’hui les moyens.

 

L’hôpital de jour pourrait être un espace transitionnel visant à étayer l’accès vers une véritable indépendance assumée.

 

En commençant par fermer des lits, et en déplaçant « anarchiquement » des patients, n’avons-nous pas « mis la charrue avant les bœufs ? »

Dans un domaine où nous travaillons principalement sur la réflexion, que penser de cette situation qui ressemble bien à un « passage à l’acte ? »

 

La santé mentale n’a de sens qu’à l’intérieur d’un système socioculturel, et à travers certaines conceptions de l’existence. Les mutations rapides de notre société impliquent une variation importante et accélérée de la prise en charge de la santé mentale.

 

L’urbanisation, impliquant le remplacement de la famille élargie à la famille nucléaire a modifié la tolérance de la collectivité à l’égard des troubles psychiatriques ; « on pourrait craindre, si l’on n’y prend pas garde, que l’hôpital de jour, institution apparue lors de la seconde moitié du XXième sicèle dans les zones urbaines, soit la transposition actuelle des asiles de la France rurale du XIXème siècle adaptée aux normes socioculturelles de notre époque. Ainsi se pérenniserait un état de chronicité dans le fonctionnement des structures de soins psychiatriques » [21]

 

Peut-être aussi faudrait-il réfléchir sur la nécessité impérieuse pour le secteur social de créer des lieux de vie sur une enveloppe budgétaire qui lui soit propre. On reconnaît habituellement qu’envions 30 % de la population hospitalisée en psychiatrie, ne le justifie pas sur un plan purement thérapeutique. Ce sont bien ces gens là qu’il conviendrait de faire sortir avant qu’ils ne se désinsèrent complètement et deviennent des chroniques en puissance. Or ce n’est pas souvent le cas, puisqu’on ne peut « même pas » les mettre en hôpital de jour étant donné qu’ils n’ont pas où dormir !

 

Comment faire pour qu’au travers des réformes en cours, la psychiatrie ne fonctionne plus comme un palliatif, à la pauvreté, à la violence et à la vieillesse face à l’insuffisance des réponses médico-sociales ?

 

Les hôpitaux de jour qui permettent de régler les difficultés des patients par un travail de soin, en profondeur, nécessitant un temps d’hospitalisation plus long et un investissement en matériel humain soignant plus important, ne risquent-elles pas de disparaître, au nom d’une « pseudo » réinsertion, rapide et le moins coûteuse possible.

 

Je pense qu’il est absolument nécessaire de continuer à exiger que le service public nous donne les moyens réels d’effectuer un travail satisfaisant, plus basé sur le qualitatif, que sur le quantitatif.

 

Quel sens cela a-t-il, que la sécurité sociale continue de comptabiliser arbitrairement l’activité soignante d’un hôpital de jour (et nous avons vu à quel point ces structures peuvent être différentes, voire contradictoires), en fonction d’un nombre de place, d’une file active ?

 

Qu’il faille aussi des structures plus légères, c’est un fait, mais nous avons aussi besoin de maintenir des lieux de soins soutenus sur le secteur.

 

Si l’on veut faire passer le message aux politiques, nous, professionnels de la santé, soyons clairs dans notre pratique !

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

 

 

Code de la Santé Publique – Editions DALOZ, Paris 1987

 

Encyclopédie Universalis – 1988

 

Guide méthodologique de planification en santé mentale – Edité par le Ministère des Affaires Sanitaires et de l’Emploi – 1987

 

L’évolution des orientations en santé mentale et la fonction infirmière – Ministère des Affaires Sociales et de la Solidarité – Direction des Hôpitaux

 

BLEANDONU G. et DESPINOY M. – Hôpitaux de jours et psychiatrie dans la communauté  - PAYOT 1974

 

CLOUTIER François – La santé mentale – Presses Universitaires de France – 1966

 

JAEGGER Marcel – La psychiatrie en France – SYROS – Paris 1989

 

MORDELET Patrick – La santé mentale – BERGER-LEVRAULT – Paris 1987

 

PELICIER Yves – Histoire de la psychiatre – Presses Universitaires de France – 1971

 

ZARIFIAN Edouard – Les jardiniers de la folie – Editions Odile JACOB – Paris - 1988

 

LES REFERENCES REGLEMENTAIRES :

 

L’hôpital de jour pour adulte :

 

-         la circulaire du 15 mars 1960, relative au programme d’organisation et d’équipement des départements en matière de lutte contre les maladies mentales.

-         la circulaire N°443 du 16 mars 1972, relative au programme d’organisation et d’équipement des départements en matière de lutte contre les maladies et déficiences mentales des enfants et adolescents,

-         l’Arrêté du 14 mars 1986 (J.O. du 19 mars 1986), relatif aux équipements et services de lutte contre les maladies mentales comportant ou non des possibilités d’hébergement,

-         la circulaire du 14 mars 1990 (J.O. du 3 avril 1990), relative aux orientations de la politique de santé mentale,

-         le Décret N°92-1101 du 2 octobre 1992, relatif aux structures de soins alternatives à l’hospitalisation mentionnés à l’article L. 712-2 du Code de Santé Publique,

-         le Décret N°92-1102 du 2 octobre 1992, relatif aux conditions techniques de fonctionnement auxquelles doivent satisfaire les structures de soins alternative à l’hospitalisation mentionnées à l’article L. 712-2 du Code de Santé Publique en application de l’article L. 712-9 (3° alinéa) de ce même code.

 

 

Pour l’hôpital de jour pour enfants et adolescents s’y ajoutent :

 

-         la circulaire N°892 du 9 mai 1974, relative à la mise en place de la sectorisation psychiatrique infanto juvénile,

-         la circulaire N°3208 du 24 août 1981, relative à la psychiatrie infanto juvénile et adolescents,

-         la circulaire N°83.24 du 1er août 1983, fascicule spécial du Ministère des Affaires Sociales et de la Solidarité Nationale N°83/79 bis relative à l’hospitalisation des enfants.

 

REVUES

 

NERVURE :

N°8 – Tome 3 – Novembre 1990

Dossier : L’hôpital de jour, 30 ans après

M. GOUTAL, G. MASSÉ : Interview de Paul SIVADON

M. GOUTAL, S. TAWIL – Table ronde : Quel avenir pour les hôpitaux de jour ?

 

SOINS PSYCHIATRIQUES :

N°76 – Février 1987 – L’hôpital de jour espace transitionnel

 

L’INFORMATION PSYCHIATRIQUE :

N°1 – Volume 56 –janvier 1981

L. DREYFUSS, E. HANON : L’hôpital de jour, lieu de vie

N°6 – Volume 62 –juin 1986

J.M. VALETTE, J.L. EGAUD, B. ANTONIN : La chronicité de l’hôpital de jour en psychiatrie adulte

N°10 – décembre 1990

A. LELLOUCH, M-C. SIMMONOT, Y. COQUIN : Quels objectifs pour l’hôpital de jour

N°1 – Volume 68 – janvier 1992

M. GOUTAL : Le CATTP : une alternative à l’hôpital de jour ?

F. PLANCHE, R. PLANCHE, A. CARBILLON : Evolution sur neuf ans d’une population psychiatrique adulte en hôpital de jour.

P. RAVELLA, S. PARIZOT, MASSILIA : CATTP, bougez quand vous voulez

 

ACTUALITES PSYCHIATRIQUES :

N°2 et 3 – 1992 - La psychiatrie de secteur en 1992

M. BRETON : Regard sur la nouvelle Loi portant Réforme Hospitalière du 31 juillet 1991

 

SPEP INFO :

N°17 – novembre 1991 – les psychiatres face aux réformes

G. VIDON : Du contractuel à l’institutionnel : l’arrêté du 14 mars 1986

G. MILLERET : En revanche sur la circulaire du 14 mars 1990

 

VST : N°10

J. PORTA : Pousse-pousse hôpital de jour pour enfants et intégration scolaire, mythe ou réalité ?

 



[1] Encyclopédie Universalis, édition 1988.

[2] G. BLEANDONU, M. DESPINOY « Hôpitaux de jour et psychiatrie dans la communauté » PAYOT, PARIS - 1974

[3]  SIVADON, FOLLIN, TOURNEAU : « Les clubs socio thérapeutiques à l’hôpital psychiatrique », Anne, Med. Psy. 1952

[4] Interview de Paul SIVADON, Nervure tome 3, Novembre 1990, pages 22 à 29

[5]  MORDELET : « La santé mentale » Berger-Levrault – Paris 1987 p. 154

[6] ce qui n’est pas toujours réalisé souligne le rapport IGAS en 1987/1988

[7] Consulter l’annexe I

[8] Consulter l’annexe 5

[9] Consulter les annexes 3 et 6

[10] Consulter l’annexe 2

[11] E. ZARIFIAN « les jardiniers de la folie » page 176

[12] A. LELLOUCH, M.C. SIMONNOT, Y. COQUIN “Quels objectifs pour l’hôpital de jour ? » - L’information psychiatrique N°10 -  décembre 1991 – page 990 à 995

[13] Consulter l’annexe 7

[14]  G. LEANDONU et M. DESPINOY « Hôpitaux de jours et psychiatrie dans la communauté » Payot 1974 page 110

[15] G. MILLERET : « en revenant sur la circulaire du 14 mars 1990 » SPEP INFO N°17 – novembre 1991 page 10

[16] PLANCHE F. PLANCHE R., CARBILLON A. « Evolution sur

[17] Guide méthodologique de Planification en Santé Mentale pages 128 et131

[18]  P. RAVELLA, S. PARIZOT « Massilia, CATTP, bougez quand vous voulez »

[19]  G. AMADO « quel avenir pour les hôpitaux de jour ? » Nervure N°8 – tome 3 – novembre 1990 page 34

[20] J. PORTA « Pousse-Pousse, Hôpital de jour pour enfants et intégration scolaire, mythe ou réalité » VST N°10

[21] J.M. VALETTE, J.L. EGAUD, B. ANTONIN « la chronicité à l’hôpital de jour en psychiatrie adulte » L’Information psychiatrique Vol. 62 – N°6 – juin 1896



Merci à Magaly David de nous avoir retapé entièrement ce travail






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